2/11/2006 - Découverte du Tagant en saison des pluies...
Et voici quelques descriptions de notre chère Mauritanie...Cap Tagant!
Nous avons mis cap sur le Tagant début septembre pour fêter comme il se doit l’anniversaire d’Eric, et oui le temps passe… C’est une des dernières régions que nous n’avions pas encore visitée. Située au centre (plus ou moins) du pays, elle est absolument sublime en saison des pluies et nous n’avons pas été déçus ! Nous avons traversé des paysages très contrastés entre Kaédi et Tidjikja, terme de notre périple.

Sur près de 600 kms, on passe de nos plaines verdoyantes à des regs sévères, à des dunes blanches, puis rouges, puis de plus en plus grandes, puis, vers Moudjéria, une grande montagne qu’il a fallu grimper pour atteindre le plateau du Tagant, c’est la très difficile passe Echeft bordée de palmiers et de troupeaux de chèvres et de dromadaires placides, pas du tout impressionnés par les éboulis fréquents de ce genre d’endroit.


De là haut, la vue sur la plaine est prodigieuse et les milliers de dunes forment de jolies petites bosses à perte de vue. Une fois sur le plateau, la route se fait sinueuse, délicate car des cours d’eau débordent parfois, des plaques de sables formées par les vents nous obligeaient à freiner régulièrement mais c’est tout aussi beau, surtout vers N’Beika, une oasis magnifique avant Tidjikja donc, la capitale de région.
Nous avons bien visité et fait des randos sympas. Le soir, nous avons campé par deux fois en pleine brousse avec notre matériel d’aventurier, les lits pico (indispensables en Mauritanie pour éviter les scorpions), les nattes maures, le bois pour le feu et hop, à nous les belles nuits étoilées des immenses contrées sauvages. Superbe.
Par contre, nous ignorions qu’il nous faudrait jouer les Indiana Jones de la piste au retour car les conditions météo nous ont transformés en super aventuriers. En fait, le Tagant est un plateau à 400 m de haut immense. Lorsqu’il pleut, toute l’eau de la Région s’écoule dans les falaises avoisinantes, transformant les routes en torrent de boue, de sable et d’eau, de vrais rapides…Bon, comme il pleut rarement, on s’est dit que ce n’était pas trop gênant mais voilà, il ne faut pas être pris par la pluie et…c’est raté, elle nous a trouvés ! La nuit du vendredi au samedi, un très violent orage nous a surpris au milieu de la nuit, nous obligeant à nous rabattre dans super Merco (qu’Eric a rebaptisé Théodore Merco !...sans commentaires) qui a failli s’envoler d’ailleurs avec ces vents violents. La plaine était balayée, c’était impressionnant ! Lorsque nous sommes redescendus dans la plaine, nous avons été complètement coincés par un oued en crue. D’habitude, il est tout tranquille et doit faire figure de filet d’eau ridicule mais là, des torrents d’eau se déversaient sur la route, immobilisant de part et d’autre toutes les voitures. Nous avons passé le samedi à patienter que l’oued veuille bien se calmer. Nous en avons profité pour faire une belle balade en nature dans les montagnes rocheuses de la Région. Vers 18 h finalement, l’eau avait un peu diminué, nous sommes passés avec d’autres en file indienne mais nous avions de l’eau jusqu’à la moitié de la voiture, c’était délirant. Une belle aventure pour l’anniv d’Eric qui était ravi.
Nous avons pu aussi grimper sur les plus hautes dunes de N’Beika car, avec la pluie, le sable était solide nous permettant de ne pas nous enfoncer. Nous avons pu observer tout le plateau depuis le haut, ce qui, avec les pluies, donnait une vue imprenable et très étrange, entre sécheresse et inondation, sable et eau, vraiment beau. En tous cas, cela nous a bien aérés l’esprit et permis de souffler un peu du boulot, pas facile en ce moment.


Voilà les nouvelles,
Gros bisous, portez vous bien,
Rafi
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