Les voyageurs aux semelles de vent

24/04/2007 - Objectif Sénégal !

Saalam aleikum a todos,

 

Et oui enfin de retour sur notre site ! En cette période électorale, nous nous abstiendrons bien de vous parler de politique. On croise juste les doigts pour le 2e tour même si on n’y croit pas tellement (merci aux amis qui nous envoient des mails engagés (pas besoin de vous dire contre qui...et super merci à toi François de voter pour moi le Jour J!), c’est bien chouette.

Nous allons donc tenter  de vous dépayser en vous emmenant faire un tour au Sénégal d’où nous revenons très contents et enthousiasmés. Car, décidément, le Sénégal, il fait frais walahi, c’est beau bilahi et c’est sympa alhamdulilahi !

Comme nous connaissions déjà le nord, très ressemblant de notre Mauritanie quotidienne ; et le pays Bassari du sud que nous avions fait à Noël 2005 (ça date déjà !) ; nous avons choisi les villes de Dakar et de St Louis pour cette petite escapade, surtout pour rendre visite à des amis volontaires qui vivent là-bas. Repos oblige mais en fait on ne s’est pas tant reposés que cela !

 

Dakar :

Certains disent que Dakar ce n’est pas l’Afrique et on comprend pourquoi parce qu’en arrivant à Dakar quand vous vivez dans la brousse mauritanienne, vous ne pouvez qu’être complètement déboussolés: c’est l’Europe mon frère : des grands immeubles, des trottoirs, des infrastructures superbes, des résidences magnifiques, des arbres, des parcs, des rues très entretenues…En plus de cette impression, nous étions logés chez un ami dont l’appartement donne sur la mer, ambiance balnéaire garantie. On a eu un temps magnifique et super frais pour ne pas dire froid à Dakar. On dormait avec une grosse couette ! Il faut qu’on s’habitue à nouveau. Que demandez de mieux pour passer de bonnes vacances ?

Puis, en allant faire quelques courses, ô surprise, des magasins bourrés d’alcool, de tabac et autres gâteries complètement scandaleuses dans notre république islamique…ça fait du bien de varier les plaisirs qu’on s’est dits alors !!

Mais bon, n’exagérons rien; d’un autre côté, Dakar c’est l’Afrique quand même : un taux de pollution énorme et des Diaga n’diaye (les bus de transport pourris très colorés) qui roulent dans tous les sens, ainsi que des saï saï (les voyous sénégalais et autres pick pockets rastas men qui se la jouent hyper cools et qui ont le cerveau dans les pieds et sont imbibés d’alcool…pas top).

 

 

 

C’est vrai que la ville est grouillante de bruits, d’agitation perpétuelle, de folie douce, de vendeurs ambulants, de gens en costume qui marchent vite et d’autres qui courent après le temps pour se faire de l’argent et tentent de survivre malgré la misère, des petits talibés qui mendient leur pain ou les sous à remettre au marabout (au moins 300 CFA par jour sinon c’est tabassage en règle, les pauvres gosses), les mendiants baye fall qui dépendent de la confrérie des mourides rattachée au marabout Bamba dit Serigne Touba, qui compte plus de 2 millions d’adeptes et sont complètement fanatiques. Ce sont eux qui tiennent le pays sous couvert d’activités plus ou moins légitimes. En tous cas, le président Wade est un peu coincé par eux. Je crois me souvenir que je vous avais expliqué que l’image du marabout Bamba qui, entre autre chose, a marché sur les eaux et dévoré un lion, est dessinée partout dans Dakar.

 

 

 

On ne compte plus les affiches, les médaillons, les photos des marabouts où l’arnaque se peint sur le visage et où les vêtements griffés channel ou Vuitton n’indiquent pas forcément la repentance et l’abnégation…On voit aussi des Touba gaz, touba oil, touba café, touba menuiserie, touba quincaillerie, touba arachide, touba frères, touba entreprises, touba transport…ça fait un peu peur au bout du compte.

 

Nous avons varié les plaisirs en flânant dans les rues des quartiers résidentiels, en se promenant dans les quartiers libanais et du plateau, tranquilles. Puis, nous avons relevé le défi du marché Sandaga, un des plus grands d’Afrique de l’ouest, bourré de rabatteurs, de voleurs, de revendeurs à la sauvette où ça crie, ça hurle, ça se bouscule, ça se pousse. On nous avait dit, « vous ne resterez pas plus d’une heure dedans »…on est restés 3 heures et on s’est bien marrés en fait. Les rabatteurs, nous, ça nous connaît. Les prix sont élevés 15 fois et tu rigoles à fond pour acheter un truc 1000 CFA ce qu’on te proposait à 15 000 au début ! A un moment, un rabatteur nous poursuivait depuis des plombinettes et nous lance : « avec moi l’homme tranquille (ils se nomment tous comme ça…), amoul solo (« pas de problème » en wolof), aucune mouche n’osera se poser près de vous ». Et Eric de dire du tac au tac : « tu ne vois pas que c’est toi la mouche ». Le type en est resté comme deux ronds de flanc et s’en est allé…Avec chaque rabatteur, on pourrait vous conter une histoire rigolote…alalahilala, l’Afrique gars, c’est bon !

Enfin, nous avons vécu les soirées dakaroises au rythme de nos amis, les bars, les soirées dansantes, les restaus, ça change de la Mauritanie dé ! (ce « dé » termine toutes les phrases des sénégalais avec le « rek » !)

 

 

 

Les îles N’Gor et Gorée :

Après l’agitation dakaroise, nous avons pris l’air dans les superbes îles de N’gor, un paradis à la Porquerolles mais avec plus de bougainvilliers et de fleurs partout…très reposant et très beau ; et Gorée, qui a surtout l’intérêt touristique d’être un comptoir d’esclaves. L’île est enchanteresse, très calme, aucun vendeur qui harcèle, des maisons à tomber raide, des bougainvilliers jaunes, roses, blancs partout, l’eau turquoise, des chats dans tous les coins, le rêve absolu où l’on passerait bien de longues vacances…

 

  

 

Un peu trop de toubabs par contre au mètre carré, dommage. Et aussi, nous avons appris que la maison des esclaves devenue un musée aujourd’hui révèle bien les atrocités commises lors des marchandages, du pesage d’hommes que l’on engraissait (pas moins de 60 kilos sinon jetés à la mer...), l’eugénisme réalisé avec certains gambiens réputés plus vigoureux qui devenaient les géniteurs des parfaits esclaves (monstrueux), les caves pour enfants minuscules où ils étaient 50 dedans, les chaînes et tout, affreux ; mais, sans faire de révisionnisme, il semblerait que Gorée n’ait jamais été un grand comptoir d’esclaves contrairement à la Gambie par exemple…mais aurait été révélé à des fins purement commerciales pour le Sénégal…et aurait donc abusé un certain nombre de noirs américains venus ici pour retrouver un brin de passé. On ne sait pas où se trouve la vérité mais c’était bien intéressant de toutes façons de visiter l’endroit.

 

  

Il y a par exemple « la porte du voyage sans retour » qui est une porte ouvrant directement sur l’océan où, selon les dires, on chargeait les esclaves qui partaient pour l’Amérique ou on balançait les esclaves « inutiles » par là…

 

   

 

Saint Louis :

Et puis après il y a eu St Louis, autre ville magnifique et plus tranquille que Dakar. Les vestiges coloniaux confèrent à l'île de Saint Louis son aspect "petite ville proprette" avec de jolies maisons colorées. Et il fait un climat génial. Nous avons fait une journée complète sur la langue de barbarie entre fleuve Sénégal (qui se jette dans l’océan) et l’océan, c’était splendide. Il y avait plein d’oiseaux car nous étions dans le parc naturel de la langue, des petites cases, des habitants super gentils, des palmiers vacanciers, un phare (presque breton car rayé noir et blanc !) sur lequel nous sommes montés pour admirer la vue panoramique sur le village de Gandiol, ouaouh ! il n’y a pas d’autre mot…

 

  

Enfin, de vraies vacances ; on s’est bien amusés, on a bien profité, on a bien décompressé, tout était parfait !...

 

 

 

Notre retour commence à faire son petit bonhomme de chemin (nous quittons le pays dans un mois). Et oui, déjà deux ans se sont écoulés depuis notre arrivée ! Nos malles seront expédiées dans une quinzaine (heureusement qu’on a la chance de profiter de cela par le contrat d’Eric parce qu’avec tout ce qu’on ramène, on aurait dû laisser tous nos beaux tissus ; quitte à passer pour des matérialistes, il n’est pas question qu’on laisse nos belles melhafas de Kaédi qu’on ne trouve qu’ici sans blague !) Nous sommes contents de partir car on a envie désormais de changer un peu de climat et d’aventures mais tristes également de laisser certaines personnes, c’est la vie rek ! Les au revoirs vont être un peu difficiles, nous le craignons…et les larmes commencent déjà à couler.

Nous pensons fort à vous et avons hâte de vous revoir, enfin pour ceux qui seront en France…pour les autres, on ira vous voir dans vos pays respectifs, inch allah évidemment !

Portez-vous bien et à très vite.

Raf et Ric

 

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6/05/2007 - Dépaysement total...

Publié par Mathieu
Bonjour à tous les 2 !

Bon, alors après la Mauritanie, je rajoute le Sénégal dans la liste des pays à visiter d'urgence (toute relative en ce qui me concerne, en plus la liste est longue...). Vos histoires sont toujours aussi magiques, avec une curiosité de tous les instants concernant les lieus que vous visitez, leurss coutûmes ou leurs caractéristiques... Les photos magnifiques (bien que trop petites, c'est dommage !) nous donnent encore un aperçu de ces merveilles que vous nous contez...

Même les meilleures choses ont une fin on dirait, qui sait après votre retour si l'on ne se croisera pas à nouveau au détour d'un chemin sur les plateaux du Vercors ;)
Bon courage pour la suite (et la fin donc) !

Mathieu
(qui va s'empresser de lire ses 3 mois de lecture en retard sur ce carnet de voyage...)
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- Tu vas donc là-bas, comme tu seras loin! - Loin d'où? (A.de Saint Exupéry) Notre histoire est née en Espagne, de quelques notes de flamenco et d'un souffle de liberté et se perpétue aujourd'hui à travers nos voyages... Voilà, un an et demi que nous sommes en Mauritanie et nous avons envie de garder le fil avec nos proches.

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